Les Ancelles de Notre-Seigneur
en Papouasie-Nouvelle-Guinée
The Handmaids of Our Lord
Association des Amis de la Papouasie
Ecce - Fiat
Scio cui credidi...



Mgr Alain de Boismenu (1870-1953)
Alain-Marie Guynot de Boismenu naît le 27 décembre 1870 à Saint-Malo, dernier d'une famille de onze enfants d'ancienne aristocratie bretonne. En 1888, sûr de sa vocation missionnaire, il entre chez les Missionnaires du Sacré-Cœur et rejoint Issoudun pour sa formation, où il enseigne les lettres et la philosophie pendant trois ans. Ordonné prêtre à Bourges le 10 février 1895, il part pour la Papouasie en 1898, à vingt-huit ans.
Moins d'un an après son arrivée, il devient supérieur de la mission. Le 18 mars 1900, il est consacré évêque en la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, tout juste achevée : à moins de trente ans, il est alors le plus jeune évêque de toute la chrétienté. Il restera pendant quarante-cinq ans le pasteur de la mission de Papouasie, guidant l'évangélisation d'un pays alors largement inexploré, après d'autres pionniers comme le père Henri Verjus. L'écrivain Paul Claudel le surnommera « l'évêque au cœur de lion ».
C'est en 1918 qu'il fonde la congrégation des Ancelles, confiant à Mère Marie-Thérèse Noblet, puis à sa propre nièce Mère Solange Bazin de Jessey, le soin de la conduire. En 1937, il ordonne le premier prêtre papou, Louis Vangeke, qui deviendra en 1970 le premier évêque papou, sacré par le pape Paul VI. Retiré à Kubuna à partir de 1945, il y meurt le 5 novembre 1953. Reconnu vénérable par l'Église en 2014 pour ses vertus héroïques, sa cause de béatification est aujourd'hui en cours d'instruction à Rome. Sa mémoire est restée vive parmi les Papous, qui l'appelaient affectueusement « Papa » et qui continuent, plus de 70 ans plus tard, à célébrer sa fête chaque 5 novembre. On peut lire ici une biographie plus complète de Mgr de BOISMENU.

Mère Marie-Thérèse Noblet (1889-1930)
Marie-Thérèse Augustine Noblet naît le 30 septembre 1889 à Signy-l'Abbaye, dans les Ardennes, dans une famille de riches industriels du textile. Son enfance est marquée par le deuil — son père meurt jeune, suivi de près par sa jeune sœur, sa mère et sa grand-mère — et par une santé si fragile qu'elle reçoit une première fois l'extrême-onction, enfant, pour une péritonite dont elle guérit contre toute attente. Les années suivantes sont ponctuées de rechutes graves, de paralysies qui la conduiront à Lourdes où elle sera miraculeusement guérie en 1915, devenant le 32è miracle officiel de la ville mariale. Elle traverse des phénomènes mystiques (visions, stigmates) qui susciteront, en leur temps, autant d'admiration que de débats : en 1937, un congrès de scientifiques catholiques consacrera même une journée d'étude à son cas, s'interrogeant sur la façon dont sainteté et phénomènes extraordinaires peuvent coexister.
C'est à Château-Gombert, près de Marseille — l'une des maisons des Missionnaires du Sacré-Cœur, porte d'embarquement vers la Papouasie —, que Mgr de Boismenu la rencontre au début des années 1920 et s'intéresse à son cas. Après une ultime guérison qu'elle attribue à Notre-Dame de Lourdes (l'Église la reconnaîtra parmi les miraculées de Lourdes), elle part pour la Papouasie, où elle est aussitôt appelée à devenir la première Mère supérieure de la toute jeune congrégation des Ancelles, fondée trois ans plus tôt.
Malgré une santé toujours précaire, elle donne à la jeune communauté son élan spirituel et sa forme de vie, avant de mourir à Kubuna le 15 janvier 1930, à seulement quarante ans. Son influence dépassera les frontières de la Papouasie : on lui attribue en partie la vocation du futur évêque Louis Vangeke, et, à travers Mgr de Boismenu, la conversion tardive du poète australien James McAuley. Chaque année, les Ancelles célèbrent sa mémoire le 15 janvier — et il n'est sans doute pas indifférent que la congrégation choisisse aujourd'hui encore cette date pour le renouvellement des vœux de ses jeunes sœurs.
Mère Solange Bazin de Jessey (1906-1942)
Solange Bazin de Jessey est la nièce de Mgr de Boismenu. Jeune Bretonne de vingt-cinq ans, issue d'un milieu aisé et fervent, elle décide de tout quitter pour rejoindre son oncle en Papouasie après la mort de Mère Marie-Thérèse Noblet en 1930, qui avait laissé la jeune communauté sans mère. Après seulement six mois de formation spirituelle et médicale à Paris, elle embarque à Toulon le 8 janvier 1932. Huit jours après son arrivée sur l'île Yule, son oncle lui confie la responsabilité de la communauté des Ancelles, alors forte de vingt-trois sœurs papoues.
Sans expérience de la vie religieuse ni de la Papouasie, elle s'impose pourtant par son dévouement total et son sens profond de la charité, devenant peu à peu, selon le mot de son oncle, « une gracieuse lumière sur la mission de Papouasie ». Elle meurt en 1942, à trente-six ans seulement, emportée par une fièvre qu'elle accueille comme une dernière offrande. Sa biographie a été écrite par sa propre sœur, Jehanne Villeroy de Galhau — un nom qui reste aujourd'hui encore attaché à l'histoire des Ancelles, à travers la famille Villeroy de Galhau, toujours présente aux côtés de la congrégation.

